Comprendre la Voie du Bouddha, c'est comprendre le Soi. Comprendre le Soi, c'est s'oublier soi-même. S'oublier soi-même, c'est percevoir le soi-même comme le dharma du Bouddha, [c'est prendre conscience de soi dans tout ce qui nous entoure]. Réaliser cela, c'est abandonner son corps et son esprit et toute notion narcissique.
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Texte composé par Lama Wangmo et lu par elle lors de la cérémonie ayant eu lieu à l'Eglise St-François à l'occasion de la Journée Mondiale du Sida le 1er décembre 2001.
Je voudrais vous raconter l'histoire du plus beau bijou de l'univers.
C'est un collier de perles toutes semblables : lorsqu'on regarde une seule de ces perles, on peut y voir le reflet de toutes les autres. Ces perles sont sur un fil qui les lie toutes, c'est notre trame commune, la souffrance :
Souffrance de la naissance, de la maladie, de la vieillesse et de la mort, souffrance de n'être pas en proximité de ceux que l'on aime et d'être proches de ceux que l'on n'aime pas.
Et lorsqu'une seule de ces perles souffre, sa douleur est reflétée par toutes les autres perles. Que cette perle soit proche ou lointaine, sa souffrance est vécue par l'ensemble du collier.
Ainsi, au-delà de tous les dogmes, de toutes les philosophies, de toutes les religions, nous ne pouvons que constater que les expériences fondamentales de la souffrance nous unissent tous.
L'être humain, quelle que soit sa couleur de peau, son sexe, son âge, souffre de la même façon. Lorsqu'il perd son sang, il est rouge et lorsqu'il meurt, qu'il soit riche ou pauvre, il ne peut rien emmener avec lui.
Je prends soin de nous, et toi ? Cette question radicale nous ramène directement en nous-mêmes. En effet, comment pouvoir prendre soin de l'autre, si l'on n'est pas capable de prendre soin de soi ? Comment aimer l'autre si l'on n'est pas capable de s'aimer, de s'accepter, de tolérer nos manques ?
Il faut apprendre à retrouver notre propre point de douceur, d'amour en nous, afin de pouvoir ensuite le projeter sur les autres.
Et toi, prends-tu soin de moi ? Oui, si tu acceptes de prendre soin de toi, de t'aimer, de te respecter. Ainsi, lorsque chaque perle du grand collier qui lie tous les êtres peuplant l'univers se responsabilise, il n'est alors plus question d'accuser qui que ce soit d'être le vecteur de nos expériences douloureuses.
Chaque perle reconnaît simplement l'interdépendance qui existe entre toutes les perles et que chaque acte d'amour d'une seule de ces perles a une incidence sur toutes les autres.
Toutes les perles aspirent à la même chose : être séparées de la souffrance et vivre dans le bonheur.
Si nous prenons conscience de cela, nous pouvons reconnaître la souffrance d'autrui à travers notre propre souffrance, mais aussi le bonheur d'autrui à travers notre propre bonheur.
Alors, plutôt que de garder pour nous notre bonheur, offrons-le à tous les êtres qui font partie de la grande trame qui constitue l'univers ; et lorsque nous souffrons, plutôt que de nous replier sur notre souffrance personnelle, élargissons notre champ de conscience et pensons aux souffrances d'autrui.